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4.11.2013

Cher Laigle



Je n'ai jamais cru que l'amour pouvait durer toujours. 
Je n'ai jamais pensé que tout dans la vie se faisait sans effort et sans conséquences.
Je n'ai jamais été totalement à l'aise à dire «Je t'aime» à quelqu'un depuis mon dernier chum. 
Je n'ai jamais cherché à fonder des amitiés superficielles, ni à m'embarquer avec n'importe qui n'importe quand.
Je n'ai jamais eu envie de remplacer ceux que j'aime par envie d'autre chose.
Je n'ai jamais osé imaginer ma vie sans toi.. même dans nos pires moments. Même dans les pires conversations, les disputes, les échanges de courriels froids. 




Il est arrivé un moment dans ma vie où j'ai pensé mettre fin à nous deux. Peut-être que ça t'es déjà passé par la tête aussi. Tu le sais que je ne suis pas parfaite et j'ai longtemps cru que si je me montrais entièrement sous mon vrai jour, tu allais prendre les jambes à ton cou et t'enfuir. Je sais que ton désir le plus cher est de connaître l'étendue de mon «darkside» et tu sais également que même moi parfois, je ne vis pas nécessairement très bien avec tous les aspects coquins de ma personnalité. J'apprends à me découvrir au même rythme que je me dévoile. Il y a deux ans, quand nous nous sommes connus, je n'aurais pas pensé que de tels fantasmes allaient surgir comme ça, sans crier gare, dans mon imaginaire de jeune femme. Parfois, je dois  'avouer que ça me fait peur. J'aimerais pouvoir faire ma psychanalyse, comprendre pourquoi et comment j'en suis arrivée là. Plus j'apprivoise mes envies, plus j'en découvre d'autres. C'est une roue sans fin. C'est un petit diable sur mon épaule. C'est un paradis auquel je tente d'accéder à chaque instant sans vraiment me demander où ça me mène. 

Quelque part, j'ai le sentiment que j'ai eu un cheminement autodidacte et que tout ce que je n'ai su te dire par peur d'abandon ou que tu te demandes quelle genre de folle j'étais pour avoir des idées aussi farfelues, je l'ai imaginé et vécu d'une façon ou d'une autre. Et en évoluant dans les méandres de mon côté sombre, je t'ai un peu perdu. J'en prends conscience maintenant. J'en ai en fait pris conscience graduellement, au fil du temps, au fil des secrets que j'ai révélé ici, mais dont je ne t'avais jamais parlé. 

Je comprends que ce lien de confiance entre nous a été éméché, je sais combien il peut être difficile de découvrir mes confidences ici, racontés à des milliers de personnes alors qu'à toi, je n'en avais jamais glissé mot. La perspective d'être ici de façon quasi-anonyme, d'avoir le sentiment de me cacher derrière mon personnage pour mieux mettre en lumière ce que je suis vraiment me donnait le courage qu'il me manquait pour te confier mes élans de fantasmagorie. Je t'avais promis de m'ouvrir davantage,  de laisser ma peur de côté quelques instants pour me confier à toi. Mais c'est un long cheminement ça,  mon amour. Un long cheminement que je ne réussirai peut-être pas à terminer, tu le sais fort bien. 

Je vis un complexe de la putain et de la madonne, mais à l'inverse. 
Je choisis avec qui j'ai envie d'être la putain. Je choisis avec qui j'ai envie d'être la madonne. Et si à l'origine, ma relation avec toi avait une base assez forte de mon côté putain, maintenant j'ai inconsciemment le réflexe de vouloir te protéger de ce côté de moi. Comme si mon amour pour toi avait tellement pris d'ampleur dans ma vie que je n'avais plus envie que tu me vois telle que j'étais quand tu es tombé amoureux de moi. Comme si je n'avais plus le goût d'être pour toi une petite cochonne que tu peux baiser dans le cul sur un drap blanc d'hôtel chic. Comme si je croyais que tu allais m'aimer plus, m'aimer plus longtemps, m'aimer mieux si j'étais seulement et simplement une femme normale, sans déviance sexuelle, sans envie de plaire, sans fantasme sexuel mal vus de la société alors que moi et mon personnage, on forme un tout pour tout le reste du monde. 

Et si je n'ai plus la folie d'être la putain pour mon amant, alors comment est-ce que je peux assumer ce que je suis et ce que j'ai fait au point de vouloir t'ouvrir tout grand mon jardin secret sans honte, sans gêne, sans malaise? 

J'ai parfois un sentiment de bonheur si grand quand je réalise que je me suis accrochée à toi corps et âme et que je t'aime comme j'aimerais un amoureux, un fiancé, un mari. Je me réjouis de voir à quel point j'ai fait du chemin entre le moment où tu m'as avoué que tu m'aimais, sur Skype, un certain soir d'hiver.. Quand je pleurais à chaudes larmes parce que je ne voulais pas que tu m'aimes. Je voulais que tu te contentes de me baiser quand tu en avais l'occasion. Je voulais que tu te permettes de me tirer les cheveux et de me mordre le dos quand tu me baisais par derrière. Je voulais que tu aies l'accès libre à ma gorge et à mes seins quand bon te semblait. Mais je ne voulais pas que tu tombes amoureux. Je n'ai rien fait pour ça. Je ne voulais pas.. parce que j'avais peur qu'un jour, tu ne me vois plus de la même façon. Parce que je me disais qu'à partir du moment où tu allais t'attacher au point de me lancer des «je t'aime» trop naturellement, tu ne voudrais plus me faire mal. Tu ne voudrais plus baiser ma gorge comme tu baises ma chatte, tu ne voudrais plus serrer mes hanches en me pilonnant, tu ne voudrais plus laisser libre cours à tes fantasmes par envie de me protéger. J'avais peur que tu changes d'attitude, que tu veuilles de moi comme une amante à qui on fait l'amour doucement, silencieusement. Une amante à qui on fait l'amour-vanille, avec tendresse et baisers dans les cheveux.
Et tu sais que je ne veux pas de ça. 

J'avais peur que tu découvres un jour que je ne suis pas simple. Que je ne me comprends pas moi-même la plupart du temps et que de me faire attacher ou étrangler m'aura donné les orgasmes les plus intenses de ma vie. J'avais peur que tu te rendes compte que mon monde imaginaire ressemble plus à une déchéance où je lèche des queues à perpétuité, qu'à un paradis avec des poneys et des fleurs aux couleurs pimpantes. J'avais peur que tu ne veuilles pas embarquer avec moi sur ce long voyage au pays de la découverte. Que tu te lasses de mes rêves d'orgies et de sexe torride. 

..et finalement, des deux, c'est moi qui ai eu le plus peur. J'ai peur de ce que je suis, de ce qu'il me reste à découvrir, au fond.. 


Pardonne-moi mon amour.


Je t'aime. Retiens-moi de prendre la fuite avec mes secrets.

Ta Zorra, 
Mamz'Elle J xx

2.13.2013

Une autre St-Valentin sans tes roses

Ce soir, par un frisson inspirant, j'ai composé un texte plus personnel d'un trait, envahie par une envie de me libérer le coeur un peu.. On remonte à quelques années en arrière, alors que je débarquais à Québec suite à une histoire d'amour en puissance qui n'a jamais vu le jour. Une déception amère que je tente de supprimer de ma mémoire sentimentale.. La rencontre de celui que j'ai aimé longtemps, profondément.. et que je me plais à appeler «mon âme soeur»

Je me suis demandé pendant quelques minutes si je le déposais ici ou pas. Puis, je me suis dit que Jade compose des textes à saveur sexuelles souvent, mais toujours empreints de ma personnalité véritable. Et je crois que vous appréciez suffisamment le personnage pour avoir le coeur à la découvrir plus intimement. Alors voilà.. un peu de moi.
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[...] À chaque St-Valentin, je me souviens de la conversation que l'on avait eue toi et moi, assis à la petite table du café où j'étais un peu trop souvent dans le temps.. Toi qui avais eu envie de me confier que tu aurais voulu que ta blonde prépare un petit quelque chose de spécial pour vous célébrer. Tu m'as dit du coq à l'âne que tu aurais voulu d'une blonde qui apprécie les pétales de roses dans le bain, les chandelles parfumées, les soupers qui ne finissent jamais.. Toi et elle essayiez d'avoir un enfant et les tentatives qui échouaient les unes après les autres avait commencé à user votre complicité, vos sentiments, votre envie mutuelle de rester forts et solides. De rester ensemble. Tu disais que tu n'avais plus droit aux mêmes regards coquins, aux caresses tendres, aux mots doux au réveil, depuis des mois. Que la symbiose qui avait toujours été la base de votre union avait cédé la place au stress et aux attentes toujours déçues. Le romantique en toi avait ce don de surprendre la jeune femme en découverte émotionnelle que j'étais. Même à ce moment-là, sans connaître ce qu'était vraiment l'amour-passion, je le vivais malgré moi. Ça a toujours été pour moi un mystère de comprendre comment a opéré la nature entre nous deux. Nous ne nous étions jamais vus et pourtant en quelques semaines à peine, nous nous sommes liés d'amitié comme si nous nous étions toujours connus. Mes forces étaient tes faiblesses et l'inverse était aussi vrai. Nous avions cet éclat dans les yeux lorsque nous étions à travailler sur des projets, des spectacles à venir, des levées de fonds pour les différentes organisations dans lesquelles nous nous impliquions. Nous avions des idées un peu folles, mais arrivions toujours à les réaliser. Ensemble. 

   Toi et moi, c'était naturel. C'était simple. Ça coulait de source. Je me souviens que du haut de mes 17 ans, je te regardais avec beaucoup trop d'intérêt pour n'appeler ça que de l'amitié. Je ne pouvais même pas contrôler tout ce qui se passait en moi. Tout était plus grand, plus fort, plus intense que ce à quoi je pouvais faire face. Devant le poids de ces émotions qui m'envahissaient de plus en plus, j'essayais de reprendre mon souffle. J'avais le coeur en délire quand j'étais avec toi. J'avais la gorge sèche. Les mains moites. Les yeux dans l'eau. La tête ailleurs. J'avais perdu la retenue nécessaire pour ne rien démontrer et parfois tu m'as reprochée de devenir froide avec toi. J'essayais de me protéger de mes pulsions et de te protéger des répercussions éventuelles sur ton couple.. Je sentais que ça te frustrait que je m'éloigne, mais je ne pouvais tout simplement pas me permettre de m'insinuer dans ta vie et pour si peu de temps en plus.. 

Et tout était contre nous. Nos familles, nos amis, nos deux mondes, nos âges. Ton couple battait de l'aile et tu avais des papillons pour moi. J'étais jeune et vouée à un brillant avenir, mais je partais habiter à 2 heures de route pour un minimum de 6 ans. Nous avions gardé le secret. Je t'avais fait la promesse de toujours te garder une place en moi. Je suis partie en te laissant un mot que tu n'as lu que quelques années plus tard. Quelques années trop tard en fait. J'ai su à la St-Valentin suivante que tu avais une nouvelle femme dans ta vie. Ma mère avait décidé de ne pas me tenir au courant de ton statut de célibataire durant les 3 mois où tu as été libre. Elle disait que c'était pour me protéger. Je lui en ai voulu. Tu as toujours voulu savoir ce que je ressentais pour toi. Je n'ai jamais pu te le dire. Je ne sentais pas le moment venu pour te mettre mon coeur sur la table. 


Puis, j'ai rencontré quelqu'un pendant que de ton côté tu vivais ta nouvelle relation. Cette femme a été de passage dans ta vie, quelques mois tout au plus. Et moi, j'étais déjà engagée. À cette époque j'étais un exemple de fidélité. Pas toi. Et ça, je ne l'ai su que cet été. Durant une nuit de juillet où nous avons enfin ouvert les valves et laissé couler tant les larmes que les confessions. Une discussion qui n'aurait jamais eu lieu sans les pichets de Budweiser qui nous ont tenu mutuellement compagnie durant la première partie de la soirée.

Ta blonde arrivait au loin, quand je me suis rapproché de ton épaule et que je t'ai glissé : «J'veux juste que tu saches que je t'aime toujours et que je te désire encore autant à chaque fois que je te croise..»

 Je n'avais plus espoir après 7 ans, que ce que nous nous sommes dévoilé sorte au grand jour. J'avais prié tous les Saints du ciel tellement souvent pour avoir un signe de la vie par rapport à toi. J'ai dû accumuler des points de karma pour avoir reçu plus que ce que je demandais au destin. 

 Oui, tu ris de moi et de ma grande croyance au destin. Combien de fois tu m'as fixé avec des yeux écarquillés et un sourire au coin de la bouche, pendant que j'attribuais toutes les grandes joies de ma vie au destin. J'avais tellement l'impression que tu te foutais de ma gueule. Mais ça aussi, c'était un point commun que l'on partageait visiblement.. 

 Tu n'es pas débarqué dans ma vie pour rien. Tu ne t'es pas faufilé à travers les maillons de mon filet, atteins le centre de mon âme et imbriqué ton nom au fer rouge pour le reste de ma vie par hasard. À cette époque de toute façon, je ne crois pas que tu aurais pris au sérieux tout l'amour que je ressentais pour toi. Pourquoi tout se clarifie alors que tu as deux enfants et que je fais des projets d'avenir? Pourquoi on décide de tout s'avouer à la seconde où on sait que le retour en arrière n'est plus possible? Aujourd'hui, nous savons que nous serons pour liés l'un à l'autre mais jamais par une union reconnue à la face du monde. 

 Je le sais encore plus depuis que tu m'as déballé ton sac. Depuis que tu m'as clairement dit, sur un coup de tête et dans un avalanche de confidences que tu souhaitais secrètement encore me baiser, m'embrasser, passer des nuits dans mes bras et vivre une grande et belle histoire avec moi. 
C'est vrai que j'y crois. J'y ai toujours cru en fait. 

Et depuis, je t'ai croisé 3 fois. Toujours en compagnie de ta petite famille. Tu baisses les yeux en souriant, moi je rougis.. et je te fixe. Comme pour attraper tes pensées au vol et m'en faire un cocon. Ce sera la seule façon que j'aurai trouvé pour me réchauffer contre une pièce de toi. 

La dernière fois que je t'ai parlé, j'étais suffisamment près de ta peau pour sentir ton parfum, pour voir que tu tremblais de tout ton corps en me parlant..Ta blonde arrivait au loin, quand je me suis rapproché de ton épaule, j'ai touché ton oreille du bout des lèvres et que je t'ai glissé à l'oreille : «J'veux juste que tu saches que je t'aime toujours et que je te désire encore autant à chaque fois que je te croise..» Cette dernière fois, c'était cette nuit de juillet. 



Alors la St-Valentin me rappelle toi. Toi et rien d'autre. Je n'ai jamais été une grande romantique et tu le sais. Je trouve d'autre occasions et d'autres façons de faire profiter mon couple dans l'année que le 14 février. Cette journée-là, je me la garde pour toi. C'est fou comme ça.. 

Il y a 7 ans cette semaine, nous étions tous deux, toi et moi, assis à cette table à moitié éclairée et rêvions chacun d'une autre vie. Peut-être une vie l'un avec l'autre.. sait-on jamais..




On continue toujours à aimer ce qu'on a aimé trop fort.

6.18.2012

Le désamour d'une maîtresse

C'était un mardi après-midi. Chaud. 31° dans mon petit appartement en plein soleil, où le lit épongeait nos corps suants aussi bien que nos larmes. Où la musique du clocher de l'église résonnait contre les fenêtres ouvertes, se mêlant à notre épais silence rempli de chagrin. J'aurais eu envie de te serrer contre moi, mais la chaleur tuait mon désir. J'aurais eu envie de jouer dans tes cheveux, fièrement assise sur ton pieu et me laisser bercer par l'oscillation de ton corps, soumis, sous les puissants battements de ton coeur. Peu après 16  heures, notre histoire a véritablement pris fin. Je me surprends à me demander si c'en aurait été tout autant si j'avais loué une chambre d'hôtel, où l'air climatisé nous aurait laissé un peu de confort, avec un lit plus grand et plus invitant. Je me surprends à me demander si c'en aurait été tout autant si nous n'avions pas été dans mon logis, noyés dans mon quotidien, si j'avais eu un autre environnement que celui dans lequel je me tue à réfléchir à ma vie depuis si longtemps. Je me suis dit que nous avions fait le tour, que la passion était partie et que nous avions été au bout de notre histoire. Je me croyais prête à faire le deuil de l'homme que tu avais été pour moi. Je me pensais à l'abri de la vague d'émotion qui m'a sidérée quand tu as refermé la porte de ton auto avant de me lancer un dernier regard. Je me pensais capable de passer par dessus la peine que j'ai eu d'apprendre que ma confiance avait été durement trahie. J'ai surestimé mes capacités émotionnelles, et sous-estimé les sentiments que j'avais pour toi. 

Mercredi matin, au réveil, dans mon lit à peine défait, j'ai senti ton parfum. Je me suis remise à pleurer. Combien de temps va durer cette torture? Combien d'autre objets, souvenirs, endroits, vins ou parfums vais-je encore prendre comme un poignard au coeur, en pensant à nous? Sur combien de lettres de toi vais-je m'arrêter en faisant mes boites, pressée de relire et d'analyser le bonheur que nous vivions à l'époque? 

Je ne peux pas effacer cette année et demi en un clin d'oeil, c'est vrai. Je prends conscience de la chose à mesure que les jours passent et que je vois que les heures passées à penser à toi diminuent. Mais, aussi graduellement, j'ai peur que ça dure encore une trop longue éternité..

6.13.2012

La Raison d'Être de Mamz'elle J

Mamz'elle J a vu le jour suite à son entrée dans le monde de la soumission, et pas le fait même, dans le monde de l'adultère. Ce blog est né d'une envie de raconter mes histoires, réelles ou fictives, mes fantasmes vécus ou non, et de découvrir des lecteurs de partout à travers le monde dont le style de vie s'apparentait au mien. Si au tout début, celui qui me faisait vibrer - Mr.G - m'alimentait en fantasmes et en histoires, ce fut par la suite Moi Laigle qui s'est glissé sous ma peau pour me faire vivre des instants de plaisir. Je n'ai jamais regretté d'avoir raconté mes «feelings» ni même les détails les plus intimes parce que j'avais la certitude qu'en relisant ce blog, plusieurs semaines - mois- années plus tard, c'est ce qui ferait revivre les souvenirs de façon plus profonde. Je n'ai jamais eu honte de mon mode de vie, ni de confier mes sentiments pour ces deux hommes à tout-va puisque je sentais si fort le désir de vivre ces relations jusqu'au bout qu'il n'était que naturel pour moi de leur dévoiler mes pensées par le biais de mes billets.

Mon verre toujours à moitié, ma dentelle et ton parfum.
J'ai vécu l'éclatement d'un coeur dévoué à son Maître. J'ai connu la peur de tout perdre - ma vie personnelle, ma deuxième vie, mes acquis, la face, la confiance de tous ceux que j'aimais - à la découverte de Mamz'elle J. J'ai connu l'envie de tout foutre en l'air, de délaisser ce monde qui m'attirait et attisait mon côté plus sauvage et curieux par simple crainte d'être découverte et reconnue. La vie m'a pourtant envoyé une quantité de signes pour me faire voir que la majeure partie de l'aventure «Mamz'elle J» donnait un bien-être intense à celle que je suis sous l'anonymat. Les rencontres sensuelles, les sentiments impliqués, les immenses joies, les jeux coquins, les lettres manuscrites relues mille fois avant le dodo, les cadeaux livrés à ma porte, mes lectures et sorties en compagnie de ceux que j'ai aimé sont à jamais gravés en moi. Indélébiles.

Ce matin, un numéro inconnu apparaît sur l'afficheur de mon téléphone. Ces temps-ci, des numéros des 4 coins de la Ville figurent sur mon téléphone, je ne m'attends à rien ni à personne à chaque fois que ma sonnerie se fait entendre. Je réponds. Je l'entends dire mon nom. Une voix étrange.. mais pas inconnue. Mon instinct s'est tût. Moi aussi. Je l'écoutais, mais je ne l'entendais pas. Jusqu'à ce qu'il me dise: «Le mieux, c'est qu'on arrête ça là.»

Entre le moment où je publie l'article et son arrivée chez-moi hier, 24 heures exactement ont passées. J'suis passée pas la gamme d'émotions, y ai fait des allers-retours, suis restée scotchée dans le côté plus pastel que sombre, mais j'y retourne pour apprivoiser la douleur.

Entre le moment où je publie l'article et son annonce foudroyante, 3 semaines et ça me brûle encore la chair.

Aujourd'hui, 13 juin, c'est fini.




..C'est pas réel tout ça. J'y crois pas.
Je ne veux plus aimer si ça fait si mal.

5.28.2012

Sérénade pour un oiseau de proie



*** 




Laigle...
 je vole moins haut, moins bien. Mais je continue de faire l'effort.. parce que j'ai envie d'arriver à destination à tes côtés. Je connais l'enjeu. Je connais mes limites. Je connais les règles du jeu, je crois.. 

Et c'est la seule chanson qui m'est venue naturellement à l'esprit après réflexion.


2.19.2012

Le premier homme de ma vie à m'avoir fait connaître l'orgasme, la main à la gorge..

Ce soir là, j'ai du dire «adieu» à l'un, et «je t'aime» à l'autre. Je m'étais retrouvée dans la pénombre de mon appartement, dans une solitude frappante, avec quelques bières blondes et un surplus d'émotions.
Ce soir-là, j'ai entouré la date sur mon calendrier, ce fut la dernière fois que je lui ai écrit.
J'ai omis certains détails. J'ai omis les plus importants. Les plus frappants. Les plus empreints de cette foule de sentiments à son égard, puisque pour lui, j'étais devenue de l'histoire ancienne, une baise, une ancienne amante un trou.. ou deux. Ce soir-là, assise sur le pied de mon lit, j'étais à mi-chemin entre l'engourdissement de mon taux d'alcool en montée grandissante et mon insuffisance respiratoire causé par les pleurs qui ne voulaient plus s'arrêter..

Ce soir-là, j'ai réalisé que je n'avais plus aucun autre argument à donner, aucune autre excuse à fournir, que je n'avais plus à me demander ce à quoi tenait ce lien entre moi et lui. J'avais reçu un courriel assez clair, direct, qui allait droit au coeur. Il me disait qu'il en avait assez de moi, de mes invitations, de son impression de toujours se sentir le bouche-trou quand je l'appelais pour le voir pensant que ce n'était que parce que les autres ne pouvait pas se libérer pour moi. Pauvre lui... s'il savait. S'il savait à quel point ce n'était pas du tout ça, à quel point les imprévus de la vie sont faits ainsi et que je respectais maintenant mes envies. Et puis, j'ai ouvert une autre bière.

Ce soir-là, je me suis dit que j'étais juste trop conne, que je ne méritais pas de me faire du mal pour une relation qui ne m'apporterait jamais de bonheur, une relation à laquelle j'avais mis plus d'espoir que l'autre parti l'avait fait..  je ne pouvais pas lui en vouloir. Mais je ne devais pas m'en vouloir non plus.

Pourquoi je pleurais? Je suis une grande sentimentale, je sais. En dépit du fait que j'avais eu maintes et maintes fois le coeur en miettes à cause d'incidents tellement pas graves de ce genre auparavant, rendez-vous remis, actes manqués, gardienne indisponible, visite de la famille - ses imprévus à lui, quoi! - je me suis juste remis les yeux dans les orbites; ça allait finir par se terminer ainsi de toutes façons. L'un ou l'autre en aurait marre des rencontres prévues que pour baiser ou encore des attentes inégales de l'un face à l'autre. Un parti en couple et qui ne cherche pas de relation rigide en à-côté, un parti célibataire qui ne veut absolument aucun engagement, peu importe la nature de la relation.

Ce soir-là, après mes 4 bières et mon estomac qui me criait à l'aide,  j'ai compris que c'était sans issue. Je devais accepter sa déception et si j'avais été impulsive et émotionnelle, je lui aurait certainement écrit un long courriel, lui racontant le pourquoi du comment, les mille raisons qui faisaient en sorte que je préférais attendre, remettre, replanifier... mais je ne crois pas qu'il l'aurait lu. Je ne crois pas qu'il aurait apprécié. Je crois juste que pendant ces deux belles années où j'ai fais des pas de géant au niveau personnel et émotionnel, il est passé dans ma vie comme chaque personnes que j'ai laissé entrer dans mon petit «club sélecte» mais qui n'y sont pas restés par manque d'intérêt ou par cheminement de vie différent. Il a laissé une trace bien sur indélébile, il m'a appris énormément sur les relations humaines, sur la façon d'aborder les défis de la vie et du quotidien. Il m'a appris à ne pas craindre mes limites et à équilibrer mes capacités à mes envies.

Il m'a tout appris, a été le premier homme de ma vie à me faire connaître l'orgasme, la main à la gorge. Il m'a fait comprendre qu'il ne fallait pas chercher à enterrer ces envies, ces pulsions, ces désirs un peu tabous de la société. Il m'a appris à me laisser aller, à avoir confiance quand je m'abandonne à quelqu'un. Il m'a laissé cette envie de poursuivre dans l'univers du SM, ayant été le premier Maître que j'ai connu. Indéniable que je me souviendrai toujours de qui je fus la petite salope pour la première fois. Je me souviendrai à jamais du premier à m'avoir baiser la gorge, à avoir élargi mon cul, à avoir laissé des marques de dents sur la peau de mes seins.

Je ne suis pas amère. J'ai mes raisons, qu'il ne voudrait pas entendre. Il les a déjà entendues. Il ne les aime pas.. je sais pas. Il n'y en a plus d'argument de toutes façons. Le manque de temps ou d'énergie, le travail, la famille, la mortalité, la maladie, les périodes d'indispositions féminines.. Chaque imprévu ayant fait parti des raisons a suscité une réaction différente; indifférence, déception, colère, compréhension et accommodement.

Je repense à ces soirées où l'on avait tellement de plaisir. Les sourires auxquels j'ai eu droit, les discussions, les conseils, les anecdotes et les récits qu'il m'a racontés resteront dans ma mémoire. Je cherchais une aventure et un peu d'attention; j'ai reçu une liaison de deux ans et beaucoup de bonheur.

Je sais que tu lis ceci présentement. Je sais que tu te reconnais. Ce n'est pas que je range les armes, mais je crois que tu as raison. C'est la fin..


Merci pour tout, mon jambon préféré. Je ne t'oublierai jamais.



J